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mardi 29 janvier 2019

Petite leçon de communication à risque : la construction du discours et le Q/R (2/9)

La dernière petite leçon de communication à risque traçait les contours et l'esprit du Questions Réponses. Outil simple et méthodique, il permet de construire un discours argumenté. Aujourd'hui, sa composition et la première étape. 



Le QR est composé de huit étapes qui ne sont pas nécessairement à traiter dans l'ordre. En effet, tout dépend du flux d'informations remontantes, de la capacité d'écoute interne, de l'organisation en temps normal à la fois des équipes de direction et du service communication, de la capacité à veiller les médias digitaux et traditionnels, des phénomènes d'élongation et de distance entre les entités de l'entreprise, du temps et du décalage horaire, du niveau de préparation de la cellule de crise...

  1. Les faits
  2. Les conséquences des faits
  3. Les mesures prises par l'entreprise
  4. Les causes
  5. Le passif  
  6. Les procédures
  7. La communication
  8. L’entreprise
Les faits
Les faits ne mentent pas ! Que s’est il passé ? Où ? Quand ? A quelle heure ? Avec qui ? Par qui ? ... Tous les détails sur l’événement. Il s'agit d'une approche factuelle qui permet déjà de rédiger un premier communiqué, de temporiser et qui n'engage pas nécessairement l'entreprise. 
Mais cette posture demande une remontées d'informations en temps réel, exacte, vérifiée plusieurs fois pour éviter les couacs. Ce qui implique de disposer d'un réseau de capteurs identifiés, surtout dans des structures éclatées et de tester régulièrement cette remontée d'informations. Mais aussi disposer d'outils de veille et d'écoute, de partage, de plateforme collaborative. 
Pour illustrer ce propos, je vous invite à lire ce premier communiqué lors du crash de l'Airbus AF 447 Rio Paris le 1er juin 2009. 



dimanche 4 février 2018

#8 petites leçons de communication de crise. Le logos : un message clair !


Suite et fin de ces trois petites leçons de communication de crise. Aujourd'hui abordons le logos tel qu'Aristote l'avait défini et que l'on peut retrouver ici

Dans une situation de gestion et de communication de crise, la "mise en place" d'une logique réside dans la qualité du raisonnement et, plus globalement de l'argumentation. Si une entreprise démontre par l'exemple chiffré et quantifié pourquoi elle a pris telle ou telle mesure, elle saura convaincre. Si elle se cantonne à des éléments de principes ou théoriques (voire la fameuse langue de bois), elle n'emportera pas l'adhésion. De plus, la justesse, la clarté des "preuves" renforcent le discours. Evidemment, chacun perçoit la difficulté de l'exercice quand la pression de l'interne, des médias, des pouvoirs publics, des clients, se fait plus forte et que l'entreprise n'a pas encore la réponse. C'est dans la plus grande confusion, que la clarté du message s'exige. Exercice difficile qui explique pourquoi 9 entreprises sur 10 se réfugient dans le silence ou qui se risque à une communication hasardeuse.



Pour conclure cette petite leçon, il est donc nécessaire pour l'entreprise en crise de prendre du temps (oui c'est difficile dans l'urgence) pour construire un message global, de circonstance et adapté aux publics de l'entreprise. C'est ce que nous verrons la prochaine fois. 


jeudi 4 janvier 2018

#5 petites leçons de communication de crise : la construction du message


En cellule de crise et après avoir défini la posture globale de l'entreprise, il est important de définir le message à diffuser (et si on a quelque chose à dire...)

La construction d'un message en situation de crise est déterminante puisque cela va conditionner le fondement de la communication. Décliner en plusieurs variantes, le ou les messages vont constituer les éléments de discours (ou de langage) qui fixent l'argumentation générale de l'entreprise. En effet, occuper sa place dans la communication est importante à condition que l'entreprise est quelque chose à dire... La technique de l'argumentation est donc importante à rappeler... Un argument, c'est donc "la somme" d'une idée et d'un fait. 

ARGUMENT = IDEE + FAIT

Exemple : 
* Notre entreprise a beaucoup œuvré depuis deux ans pour la protection des riverains. Ici, le message reste dans le domaine de l'idée, de l'ordre du général = Inefficace. 
* Notre entreprise a beaucoup œuvré depuis deux ans pour la protection des riverains. A ce titre douze réunions mensuelles d'information ont été organisées ainsi que la mise en place d'une brochure de sensibilisation aux gestes de premiers secours, brochure tirée à 12000 exemplaires = conviction argumentée. 
Pour illustrer encore davantage cette technique d'argumentation, il convient d'écouter le directeur de Merck France dans la crise liée au Levothyrox ("j'aimerais que l'on reste factuel"). 

A cela il convient d'ajouter les registres de la persuasion définis par Aristote : le logos, le pathos, l'ethos. Ce sera l'objet de la prochaine petite leçon de communication de crise.



mardi 19 décembre 2017

#4 petites leçons de communication de crise : les postures


Quelle posture adopter en situation de crise ? Retour de nos petites leçons de communication de crise issues de nos expériences en agence , en formation et en entreprise. 
Dans l'ouvrage de référence, la communication de crise de Thierry Libaert, l'auteur évoque la notion de stratégie de communication de crise. Aujourd'hui, je crains que le terme soit pour le moins galvaudé et surtout, que la vitesse de gestion des crises réclamée aux entreprises est trop rapide pour bâtir dans l'urgence une "stratégie". En revanche, il me semble pertinent d'évoquer ici la notion de posture. D'emblée, mais avec quand même un minimum de réflexion, quelle attitude ou comportement adopter ? 
La première posture, la plus difficile, qui demande du courage, mais celle qui est toujours payante, est celle de la responsabilité. Prendre ses responsabilités, c'est reconnaître que l'entreprise a un ou des problèmes, que la fonction de chef ne déroge pas à l'absence et n'exonère aucun mensonge et qu'il existe une réelle volonté de prendre la main sur la communication comme l'a démontré Air France à l'occasion de la tragédie de l'AF447 Rio Paris. Mais attention : la responsabilité ne signifie pas la culpabilité (Georgina Dufoix avait raison contre tous en 1991 lorsqu'elle disait "responsable mais pas coupable" dans l'affaire du sang contaminé). 
La seconde posture, la plus souvent rencontrée est celle du silence. 90 % des managers rencontrés cèdent au silence par peur de l'effet de loupe sur leur entreprise, par peur de l'engrenage, du rebond, de la propagation, en somme du risque de réputation. Récemment le PDG de Lactalis s'est gardé de communiquer en laissant ses équipes conduire le rappel des produits pour bébés contaminés. C'était légitime, le silence est aussi une forme de communication.
Troisième posture : la fuite. Débordée, l'entreprise peut se réfugier derrière le bouc émissaire (Affaire Kerviel), le mensonge (affaire Cahuzac), l'ignorance (dieselGate), le temps (Erika de Total), la rhétorique ("une enquête est en cours") etc. Rarement payante et même toujours contre productive, la fuite fait passer l'entreprise pour une organisation faible et immature qui paye cash ses errements et ses renoncements.

lundi 4 décembre 2017

#3 petites leçons de communication de crise : outils et applicatifs

Aujourd'hui, à l'occasion de ces petites leçons de communication de crise, nous abordons l'usage d'outils d'aide à la conduite en gestion et de la communication de crise. 


La question est récurrente et nos participants à nos sessions de formation rush en communication de crise posent souvent la question : faut-il s'appuyer sur un applicatif ou quels outils sont nécessaires ?
La réponse est, comme souvent le cas, à géométrie variable et ne saurait être définitive. 
Tout d'abord, en ce qui concerne les outils de gestion et de communication de crise, la réalisation (en fonction de l'activité de l'entreprise) d'un plan de continuité d'activité, d'un plan d'intervention et de secours, la rédaction d'un manuel de crise (dont il convient de limiter la taille afin de le rendre opérationnel) semblent incontournables. Toutefois l'entreprise doit garder à l'esprit de rendre ses documents compréhensibles et accessibles au plus grand nombre, et doit s'efforcer surtout  de mettre en place une méthode de raisonnement des crises. A ce titre n'oublions pas les logiciels de main courante en gestion de crise, outil indispensable pour "écrire" l'histoire de la crise. 
Ensuite, concernant les applicatifs, il faudra bien raisonner l'usage de l'application : s'agit-il d'une déclinaison du manuel de crise ou davantage d'une alerte bouton rouge ou encore du développement d'une méthode ? Nous aimons bien l'application développée par Kawet, ainsi que crisiscare
Enfin, précisons que tout ces outils ne sont rien sans une réflexion en amont sur leur usage et leur contenu. Et qu'ils ne protègent nullement de la crise...

vendredi 1 septembre 2017

Pourquoi une méthode de raisonnement des crises (MRC®) ?

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Pourquoi une méthode de raisonnement des crises ? Trois raisons principales expliquent l'usage d'une réflexion contrôlée en situation d'urgence.

1. La raison -et donc le raisonnement- permettent de gérer l'effet de sidération de l'événement qui perturbe la vie de l'entreprise. En situation d'urgence, le réflexe inévitable est de faire parler ses émotions, exprimer ses ressentis, se laisser piéger par l'inhibition et être incapable d'agir. Or l'entreprise a besoin à cet instant précis où tout semble basculer, de revenir à du pragmatisme, du "terre à terre". Depuis bientôt vingt ans nous avons participé et gérer des situations de crise en situation de guerre ou des crises d'une extrême violence. Nous en avons retenu une leçon essentielle qui est que, seule l'organisation de la réflexion est mère des bonnes décisions. 

2. La solitude du chef, du chef d'entreprise, sont des réalités inhérentes à toute forme d'organisation. Mais la prise de décision ultime est nécessairement la résultante d'un travail collectif, de la part du premier cercle, mais aussi des fonctions supports. Croire que seul le chef d'entreprise, le manager pourra décider seul est une illusion. L'une des grandes qualités humaines en situation de crise est l'humilité. "Je ne sais pas ce qui va se passer, mais je vais tout faire pour préserver mes salariés, mes hommes, mes équipements, mon outil de travail..."

3. Les valeurs de mon entreprise, mon histoire, mes racines, tout ce qui rassemble autour de mon identité de marque, sont des biens précieux que l'entreprise doit préserver. Raisonner en situation de crise, c'est aussi s'inscrire dans le long terme, se projeter dans le futur et regarder au delà de l'incendie. 

C'est pourquoi notre méthode de raisonnement des crises, MRC® est une méthode dédiée aux organisations, simple, pragmatique, concrète et directement applicable.

dimanche 4 septembre 2016

Mensonges numériques et impostures digitales






La promesse d’un monde meilleur, des relations sociales et humaines décrispées, une vitesse accrue dans la connaissance de soi, des autres, du monde. Telles étaient les promesses de ce monde 2.0 que les agences et les marques, les politiques et les marchands d’espace nous promettaient. La réalité est aujourd’hui plus cruelle.

Apparu comme la panacée universelle de sociétés en soif de connaissances et de sens politique, le développement accéléré des réseaux sociaux depuis la naissance de Facebook  promettait enfin une nouvelle relation entre le citoyen et son environnement au sens large, que celui–ci fut politique, économique ou social.  En 1999, The cluetrain manifeto, déclarait que les « marchés étaient des conversations ». La bonne blague. Il s’agissait surtout de créer de nouveaux espaces de conquêtes économiques et financières. En somme, il s’agissait de faire du business avec ces nouveaux outils de « communication », du brand content en racontant des histoires plus ou moins crédibles sur Facebook ou sur YouTube... Artificiellement, les nouveaux marchands du Temple que sont les agences de marketing digital, ont créé une aspiration, une attraction vers plus de mouvements virtuels et  plus de dépendance. Exemple la nouvelle application de chez Carrefour, censée rendre plus heureux et simplifier nos achats !

Comme autrefois avec la publicité télévisée qui voulait rendre dépendant aux spots de 10 secondes, les publicités sur le web ont complètement envahi notre perception de la finalité même de cette promesse  numérique. La connaissance, le savoir, sont aujourd’hui bafoués par la dernière campagne d’un assureur ou d’une marque automobile.  Pire, l’influence est perverse puisqu’elle se dissimule en fonction de votre usage d’internet. Vous cherchez un robot de piscine, tous vos mails vous affichent de bonnes affaires de robots de piscine. Rendez-vous,  vous êtes cerné ! D’ailleurs l’excellent Washington Post vient de dévoiler les 98 critères mis en place par Facebook pour tracer le « con-sommateur » idéal. Ce citoyen qui exige la plus totale liberté de penser et de consommer, est définitivement tracé dans les petits méandres de son existence. Ah ! la liberté promise des réseaux sociaux !

Le mensonge est ainsi présent dans la préhension des social media (pour faire brancher), mais également dans son contenu. Rien ne remplacera une discussion de vive voix avec son voisin, celui qui habite sur le même pallier de porte et que vous ne connaissez même pas. Rien ne remplacera une conversation téléphonique avec la cousine américaine ou japonaise. Rien ne remplacera les conseils avisés d’un vendeur de canapé... L’illusion est d’avoir réussi à faire croire à des millions d’individus, qu’ils étaient plus libres grâce aux réseaux sociaux. C’est faux ! Et la dépendance est telle, qu’il suffit de regarder une terrasse de café ou une famille scrutant en « communion » leurs terminaux mobiles pour comprendre que l’imposture digitale a atteint son but. Isoler l’individu, le rendre addict à son profil FB, son compte Instagram ou autre…  Comme il suffit de prendre conscience de son haut degré de liberté lorsque, par chance, vous êtes déconnecté d’internet pendant une semaine…
L’autre farce est de parler de « contenu ». Cela fait très sérieux. Cette agence  va créer du contenu autour de votre marque et de votre produit pour le rendre plus sympathique, plus crédible. Jusqu’en arriver à l’overdose comme le souligne bien la revue Influencia.

Nez rouge digital

Bien entendu, il est évident qu’internet est une formidable source de savoirs et de connaissances. La question se pose néanmoins sur le degré de dépendance de l’individu face au « miracle » en sachant que 26 millions de comptes Twitter sont animés par des robots, que la multiplication des faux profils sur Facebook est légion et les arnaques aussi. En fait, le numérique a ouvert la boite de Pandore et offert sur un plateau toutes les turpitudes refoulées d’une société en recherche d’elle-même. Se réfugiant derrière son écran, l’homo numericus, semble avoir dans la main, un accès au monde facile, immédiat à cette nouvelle réalité virtuelle… L’imposture est d’avoir rendu dépendant sociologiquement, économiquement et politiquement, l’individu à cette farce. Même en entreprise, on ose encore faire croire que la mise en place d’un réseau social interne, sauvera le dialogue interne… Chacun a le droit de rire de ces tartes à la crème derrière lesquelles un management incompétent se réfugie.

Sociologiquement, tout le monde, avec un peu de temps de réflexion, le conçoit. Fausse promesse, discours creux, fausse personnalité, on vous fait croire que vous êtes quelqu’un de bien alors que votre vie n’intéresse personne : photos hideuses,  anecdotes consternantes, trois fois rien de bien intéressant… Parce que vous avez 458 amis sur Facebook, vous vous créez une nouvelle vie en parallèle de la vie réelle. Vous êtes désormais accro à votre mobile qui vous relie en permanence à tout ces « autres », sans très bien savoir qui ils sont.  Vous avez déjà signé un pacte diabolique avec le marketing digital. Vos amis vous abonnent à des sites marchands, vous recevez des offres inespérées, vous êtes le consommateur idéal, vous existez enfin ! On s’intéresse à vous ! c’est de la magie ! La recommandation marche à plein régime parce que vous le valez bien et que vous êtes quelqu’un de bien. Mais votre voisin de palier, celui qui vit avec  800€ euros par mois, vous ne le connaissez pas et il aurait juste besoin de chaleur humaine. Lui, il a juste posté qu’il allait mettre fin à ces jours et personne ne l’a vu, personne n’a ouvert la bouche dans cette agora du mensonge et de l’ignorance…

Politiquement c’est identique. Il vous suffit d’écrire au Premier ministre ou à un élu pour rencontrer un CM (community manager) qui applique les consignes du chef et du parti. La langue de bois succède à la petite phrase assassine, le slogan remplace la bannière, Twitter sauve la face du monde ! Quelle gabegie et quelle dépense d’énergie pitoyable ! On ne rencontre plus son élu sur la place du marché, on le « like » ou on le « follow ». On nous parle désormais de citoyenneté numérique ! Elle est bien loin l’agora grecque !

Dans le même esprit les grands défenseurs de la liberté d’expression que sont Facebook, Twitter et Youtube, ont offert sur un plateau d’argent, la possibilité aux pires des terroristes de développer leur propagande…

Mensonge de réputation

En communication de crise, c’est la même histoire. Il ne saurait y avoir aujourd’hui de crise sans une gestion professionnelle des réseaux sociaux. Une blague sur Twitter et c’est toute votre réputation qui serait mise à mal pour des années. Encore une imposture. La réputation, c’est dans la vraie vie qu’elle se joue. Certes il peut y avoir des mouvements d’humeur sur le web, mais sérieusement, rare sont les crises 2.0 qui bouleversent la vie d’un entreprise. Même dans des événements majeurs (VW, Société générale, Nestlé), les entreprises et les marques sont toujours là… Et les plus aguerries, veillent ce qui se passe sur Internet mais laissent les enfants jouer dans leur bac à sable numérique.

Petit exemple de manipulation digitale. Intervenant aux cotés d’une agence de communication 2.0 pour une entreprise de l’agro-alimentaire, sujet à un excès de critiques suite à une campagne de publicité nullissime, l’agence en question a réussi le tour de magie suivant : convaincre l’entreprise qu’il fallait tout miser sur le numérique afin de rétablir le risque de réputation défaillante. Le budget n’était pas défaillant, lui, et tournait autour de centaines de milliers d’euros. Jackpot. L’entreprise, ignorante des modèles numériques, fit confiance. On créa des faux profils sur les réseaux sociaux (une quarantaine), on créa du trafic (SEO) autour d’articles publiés sur des médias ouverts (Le Figaro, Agora Vox, L’Obs, etc.), on publia une multitude de commentaires pour minorer les propos antagonistes, en somme, un vrai plan d’action de communication de crise 2.0. Le tout couronné de graphiques quotidiens, de tendances actualisées, de projections à court terme, de tableaux croisés dynamiques, de pourcentages démontrant… quoi au juste ?

Rien. Si ce n’est l’augmentation artificielle de mots clefs,  centrée autour de la marque. Si ce n’est la multiplication de faux likes, de commentaires dithyrambiques. Et le constat que l’entreprise n’avait perdu aucun public… Non pas à cause de la stratégie digitale, mais parce que les consommateurs étaient déjà sur autre chose et se moquaient en quelques heures du problème de cette entreprise. Certes, il y eut bien un coup de chauffe au début mais rien de grave par rapport à l’ouverture du 20h00 de TF1 ou la Une du Canard enchainé.


Imposture financière

L’imposture est totale. Rien n’empêche désormais les marchands du temple de vous faire croire au Père Noël. A grand coup de big data et de trafic d’influence, ces agences sont prêtes à vous vendre votre propre mère pour faire du business. Les écrans publicitaires sont concurrencés par les bannières intrusives et les fenêtres dévoreuses d’espace. Mais ça marche. Les entreprises tombent dans le panneau du numérique parce qu’elles ont peur de rater un mouvement qui leur ouvrirait des espaces nouveaux. Des nèfles. Le numérique ouvre rarement de nouvelles opportunités (concédons qu’il yen a quelque unes mis davantage dans la mise en relation), mais de là en faire une économie et un investissement, c’est une tarte à la crème.

Si nous considérons que le web répond à trois fonctions, savoir, communiquer, acheter, alors le pari est gagné. Même au détriment de la qualité de l’information, de fake et de multiples hérésies. Mais on nous promet déjà que tout va changer avec le 3.0...

Pour conclure, tout cela c’est du marketing, (on parle aussi de marketing prédictif) la « science des ânes » disait mon professeur de marketing, du tripatouillage de données, du power point léché et dynamique mais en tout cas loin de la vraie vie. Celle de ceux qui bossent à l’usine, sur les marchés à 5h00 du matin, dans les transports en commun bondés etc. Celle des réunions entre amis mais où on ouvre une bouteille de vin en dégustant une terrine de sanglier faite maison. Non, soyons sérieux. Votre vie digitale est juste un cauchemar. Réveillez vous !

Sources :