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mardi 27 novembre 2018

Petite leçon de communication à risque : le principe de la pré-interview en relations presse

Indispensable, voire incontournable pour établir une relation professionnelle avec un journaliste, la pré-interview est la clef de voûte d'une relation presse réussie. 
Afin de rétablir à sa juste mesure la relation presse qui est, rappelons-le une nouvelle fois, une relation professionnelle dans laquelle le journaliste fait son métier et le communicant ou le chef d'entreprise fait le sien, le principe de la pré-interview est incontournable. Il s'agit de se mettre d'accord sur ce qui va suivre. Il est du devoir de celui qui est interviewé (chef d'entreprise, ingénieur, communicant.. ) de fixer le cadre du jeu de questions-réponses. Car il faut garder en tête que la relation presse dans cet exercice difficile, est une relation professionnelle, un échange dans lequel le journaliste vient chercher de l'information et  celui qui s'exprime, diffuse des messages, du contenu afin de traduire son image, sa réputation ou sa notoriété. 

La pré-interview, c'est interroger le journaliste sur les circonstances de l'interview: quel est son média, la technique du monté différé ou du direct, quels sont les thèmes abordés, le temps accordé à l'interview, le lieu et son cadre, l'angle d'approche du journaliste (sous quel aspect il traitera le sujet), le temps accordé à cette "discussion", les sujets interdits (vous êtes en droit de fixer les limites du sujet traité, les autres personnes interrogés... 

En somme, la pré-interview, c'est en quelques minutes organiser physiquement et mentalement le terrain d'entente entre deux professionnels. Bien entendu, plus vous aurez le temps en amont de préparer, mieux ce sera et plus vous serez performants. Evidemment tout cela se travaille en amont au cours d'exercices de prise de parole et d'entraînement à l'interview.

mercredi 9 septembre 2015

Pourquoi ne faut-il jamais confier sa communication à un journaliste ?


La légitime différence entre communication et information. Les entreprises doivent comprendre le travail des journalistes, mais pas y adhérer. 

Évitons tout d'abord les faux procès et les aigreurs, nous le confirmons, nous aimons les journalistes ! Ils sont indispensables à notre démocratie, leur métier est passionnant, ce sont des piliers de la libre parole, C'est certain, leurs méthodes peuvent déranger les bons esprits (exemple récent avec Elise Lucet et Rachida Dati). Certes  ils dépassent parfois le cadre de la déontologie (exemple diffuser des pièces d'instruction en dépit de tout contrôle ou à l'opposé de la présomption d'innocence). Mais nous insistons, nous les aimons !

Cependant nous nous permettons de donner ce conseil aux chefs d'entreprises ou aux organisations qui souhaitent développer leur communication et leurs relations presse et nous voudrions les sensibiliser sur trois dangers.

1. Un journaliste reste un journaliste. C'est son cœur de métier.  C'est ce qui développe en lui son intelligence, sa curiosité. Il le revendique au demeurant même lorsqu'il franchit le Rubicon en devenant communicant ! Il a cela dans le sang. Et il aura toujours cette propension à le rester.

2. Un journaliste travaille toujours comme un journaliste. C'est à dire que ses angles, son mode de traitement de l'information, de l'actualité, sont déterminés par son approche journalistique. Or le mode de fonctionnement d'un journaliste n'est pas celui d'une entreprise. Le traitement de l'information en organisation n'est pas du tout identique à celui d'une salle de rédaction. Ce qui paraîtra accessoire à un journaliste, vous semblera déterminant pour votre société. Et le petit incident que vous jugerez insignifiant, fera le bon papier dans la presse.

3. Le temps du journalisme n'est pas le temps de la communication. Parce qu'il faut vite boucler, vite enregistrer, parce qu'il y a urgence de l'information, le journaliste pressera le dirigeant à répondre. Alors que ce dernier a probablement d'autres préoccupations, d'autres urgences à gérer.

En somme, il convient de prendre garde lorsqu'une entreprise décide de s'appuyer sur des journalistes pour développer sa communication  ou s'entraîner en média training. La communication, ce n'est pas l'information. L’œil du journaliste n'est pas celui du communicant.

PS : Cash investigation : les méthodes employées par Elise Lucet sont, à notre avis, limites. Interpeller de vive voix une ancienne ministre sur de possibles conflits d'intérêts, c'est spectaculaire et, in fine, assez peu efficace. On regrette la réaction épidermique de Rachida Dati. Mais nous la comprenons. Est-ce que la journaliste avait demandé un entretien comme il se doit dans les bonnes pratiques des relations presse ?  Et puis apostropher Rachida Dati par un "vous ne vous pas nous parler...", c'est chercher la réaction négative et pousser l'ex-ministre dans ses retranchements. Les relations presse sont d'abord des relations professionnelles. Pas un champ de bataille. Même au nom de l'investigation.